Îles Éoliennes

Panarea : histoire

Panarea fut habitée déjà à l’époque préhistorique, comme en témoigne le village de l’âge du Bronze (XIV siècle av. J-.C.) situé sur le promontoire de milazzese, au sud de l’île. La situation particulière de ce lieu, près de la mer et protégé par des falaise à pic sur la mer – donc facilement défendable – en fit un lieu idéal pour l’installation des habitations : dans le village, dans les restes d’une vingtaine d’habitations, ont été retrouvés des matériaux d’origine mycénienne, témoin du rôle joué, même dans l’antiquité, par l’archipel éolien, au centre des principales routes commerciales de la mer Méditerranée.
Dans l’antiquité on retrouve différents noms pour Panarea : Euonymos (qui est à gauche, en allant de Lipari vers la Sicile) et Hycesia (le supplice). Ensuite est apparu Panaraion (détruite) pour passer ensuite à Pagnaria (la maudite), puis à Panaria et finalement à Panarea.
Pour le reste, Panarea partage l’histoire des autres Îles Éolienneset en particulier celle de Lipari. Habitées depuis le néolithique, dans la période entre le VII et le VI siècle av. J.-C, les îles furent la proie d’incursions régulières par les étrusques jusqu’à que ces derniers ne furent remplacés par la colonisation grecque.
En 264 av. J.-C. Lipari est alliée de Carthage et les îles doivent donc subir les attaques continues de la flotte romaine. En  252 av. J.-C, Lipari et ses îles passeront sous domination romaine. Pour preuve, les vestiges d’une villa romaine construite sur le sommet difficilement accessible de l’îlot de Basiluzzo, propriété d’un excentrique propriétaire romain, évidemment amant de l’âpreté et de la beauté des panoramas de Panarea.
Avec la chute de l’Empire romain, commence une période de décadence qui augmente avec la domination byzantine et qui s’accélère avec de début de l’occupation arabe (827/1061). Avec l’arrivée des Normands, le développement économique et démographique des îles redémarre (1340-1544 environ). Vers 1500 les arabes recommencèrent à attaquer les îles (on retrouve des traces dans la toponymie insulaire de la baie et zone de Drautto, du nom du pirate Drauth). En raison des incursions de la piraterie arabo-turque l’île resta presque inhabitée ; le nombre des habitants en effet ne dépassait pas la centaine. Vers la fin du XVII siècle les paysans de Lipari recommencèrent à les cultiver (sans porter cependant femmes et enfants, en raison du risque d’attaques des pirates).Il est significatif qu’au dessus du village préhistorique de Cala Junco, on retrouve le «  Castello del Salvamento » (château du sauvetage) (dans la toponymie éolienne, le terme « château » désigne un bloc rocheux d’une certaine hauteur), employé justement comme refuge providentiel par les habitants pendant ces incursions. Ensuite, en raison de l’amélioration de la situation politique dans les îles, la population de Panarea augmenta jusqu’à environ 1000 personnes.Mais à la fin du 19ième sicle, elle diminua de nouveau en raison de l’émigration vers Etats Unis, l’Amérique du Sud et l’Australie (les insulaires résidents à l’étranger sont actuellement plus nombreux que ceux résidents dans l’île !).